Tuesday, August 01, 2006

Acte 2: Là où tout commence ...

Et bah voilà, un blog à remplir, j'suis pas dans la merde ... j'espère que personne ne viendra lire ça régulièrement parce que la peur de sortir de l'underground internet me pend au nez. Je mérite pas vraiment d'être lu après tout, surtout par des gens qui ne me connaissent pas hors connection; parce qu'il y'a un monde hors connection.

Je me rappelle avant, je me demandais s'il existait un monde virtuel, modelable au grés de la volonté de génies mathématiciens qui en rentrant des chiffres dans une machine créaient la vie virtuelle. Aujourd'hui j'en suis rendu au point ou je me demande si quelqu'un a réellement échappé à l'emprise de ses génies du mal. Y'en a toujours qui viennent te voir en disant: "Je comprends pas ce que vous foutez sur votre PC en permanence ... Internet! Internet! C'est bien une belle connerie". Je me dis toujours qu'ils ont raison mais c'est quand même décevant de voir ces prophètes des temps modernes rôder sur myspace.com et donner des leçons de vie Hors Connection (HC) à tout-va.

De nouveaux prophètes on en manque pas: pour toute nouveauté sociale il y'en a comme pour toute tradition. C'est dans notre culture d'essayer de révolutionner notre monde, comme pour éviter de céder à la lassitude que nous procure abondamment la vie parfois. Certains militent contre notre culture des médias, d'autres contre nos habitudes carnivores ou encore d'autres contre le racisme, ... toutes ces causes ont leur bon côté évidemment, comme leur mauvais parfois. Enlève le racisme dans le monde, instaure la paix, fais de nous tous des végétaliens intégristes et réapprends nous le plaisir des bouquins d'antan et là ... on se fera chier. La révolution qui nous attire tous par son côté excitant, qu'elle soit culturelle ou politique, ne prend pas racine dans le néant mais on lui donne pourtant pour but d'arriver à un monde où tout sera beau pour tout le monde. C'est un des grands paradoxes de ce monde: les néoprophètes s'emmerdent à mourir alors ils luttent pour quelque chose, mais une fois que cette chose est accomplie, que faire ? Soit ils militent pour quelque chose de plus extrême, soit ils se rendent compte d'eux mêmes que ça ne sert à rien.

Le seul moyen d'éviter ces tendances qui nous font peur c'est de vivre en accord avec nous mêmes finalement, égoïstement, pour sa gueule. De regarder le monde comme il est, l'accepter comme il est dans sa globalité et ne pas essayer de le révolutionner par simple divertissement, bien souvent caché derrire une fausse détermination. Les seules luttes qui valent le coup sont celles qui ne révolutionneront jamais le monde mais qui pourraient le rendre meilleur à nos yeux. Millite pour la hardcore scene si tu penses que ça te rendra heureux, comme pour l'installation d'un hopital en Irak si ça joue sur ta propre estime, mais à quoi bon lutter contre la politique, la religion, la culture, les modes ? On s'y perd facilement ...

Bien sûr je ne fais pas l'apologie de la résignation, bien au contraire, il faut agir, mais sans se dire que ça changera le monde dans lequel on vit car après tout, a-t-il envie de changer ?